Jean de Dieu est de retour.

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Jean de Dieu SOULT Maréchal d'Empire et Duc de Dalmatie.

Après une longue absence.

On l'avait enlevé Jean de Dieu ! Il y a presque quatre ans, mais il est revenu. Tout neuf !

C'est qui Jean de Dieu ?

Il crie pour la première fois en sortant du nid douillet de sa mère le 29 mars 1769, pensez donc la chambre est à 16° et la sage-femme a les doigts froids ! Il nait à Saint Amans la Bastide dans le Tarn. Ce gros village n'est pas encore Saint Amans-Soult car en cette année 1769, il reste tout à faire pour ce petit bout d'homme qui deviendra maréchal d'empire et duc de Dalmatie. Personne ne le sait bien entendu comme personne ne sait que 13 jours plus tard nait à Lectoure dans le Gers, Jean Lannes, futur maréchal d'empire, prince de Sievers, (une ville de Pologne) et duc de Montebello (Lombardie).

Ah ! Belle année cette 1769ième  qui voit arriver ces deux nourrissons futurs sabreurs d'autrichiens, d'anglais et de russes.

Si belle année qui voit surtout hurler le 15 août à Ajaccio le petit Napoléon Bonaparte ! Je ne vous dis pas ce qu'il fera plus tard le petit Corse, vous le savez.

Disons que, pour résumer, le tarnais, le gersois et l'ajaccien dont il est question ici vont s'unir plus  tard pour faire trembler l'Europe.

Mais revenons à Jean de Dieu.

Il grandit au milieu d’une nature sévère mais attachante, il travaille bien à l'école. Tout aurait pu continuer ainsi mais à 10 ans, il voit son père disparaitre. Ce dernier laisse une veuve attristée mais non abattue et c’est avec une énergie peu commune qu’elle élève ses enfants, endurcissant plus particulièrement les garçons. Il reçoit une bonne éducation, d’abord de sa mère, puis de son oncle l’abbé Joseph Soult qui lui donne quelques rudiments de latin et sans doute sa belle écriture. Sa mère essayera de le placer successivement chez deux notaires, il s'enfuira; le bonhomme est frondeur.

Pour cette femme seule, les difficultés s'amoncellent, il n'y a plus d'argent, les huissiers menacent. Jean de Dieu, qui ne voulait pas être notaire saisit cette occasion pour prendre son envol.

A quatorze ans, il s'engage dans l'armée royale et donne sa prime d'engagement à sa mère avant de partir. Après deux ans de service, il abandonne les armes, tente de se faire boulanger, mais se réengage rapidement.

En 1789, il adopte les idées révolutionnaires et gravit les échelons militaires. En 1794, à 25 ans, il est remarqué à la bataille de Fleurus et nommé général de brigade. Deux ans plus tard, il s’illustre à  Altenkirchen contre les Autrichiens (4 juin 1796).
En septembre 1799, devenu général de division à l’armée d’Helvétie, il prend part à la victoire de Zurich sous les ordres de Masséna. Il suit ce dernier en Italie et prend part à la défense de Gênes.

A la fin de l’année 1800, il pacifie le Piémont. En 1802, Soult est devenu colonel général de l’infanterie légère de la Garde consulaire et ardent bonapartiste. L’avènement de l’Empire (1804) lui apporte titres et gloire. Il est nommé maréchal le 19 mai et grand officier de la Légion d’Honneur.

Commandant du camp de Saint-Omer, à Boulogne, il  impose une discipline sévère à ses hommes. C’est le début d’une réputation de chef impitoyable qui lui vaut le surnom de «Bras de fer» par ses soldats.

Il joue un rôle essentiel à Austerlitz (2 décembre 1805), en s’emparant du plateau de Pratzen. Napoléon le qualifie de «premier manœuvrier d’Europe». Soult participe ensuite à la campagne de Prusse et de Pologne, et s’illustre à Iéna (14 octobre 1806) et à Eylau (8 février 1807). Le 16 juin 1807, il prend la ville de Kœnigsberg.

En 1808, il accompagne Napoléon en Espagne. Fait duc de Dalmatie, il commande le IIème corps de la Grande Armée. Il  s’avance jusqu’au Portugal. Il y impose l’ordre et laisse parler de lui comme du futur Roi de ce pays, mais Wellington brise ses espoirs en le battant à Oporto. Le maréchal français prend sa revanche à Ocaña, le 19 novembre 1809.

Major général de Joseph, (un des frères de Napoléon) restauré sur le trône espagnol, il soumet l’Andalousie en 1810 et en devient le gouverneur. En 1812, il est forcé à la retraite par les victoires de Wellington. 

En 1813, Soult est à nouveau renvoyé en Espagne pour contrer Wellington. Il ne peut l'arrêter car ses forces sont 4 fois supérieures aux siennes, et doit repasser les Pyrénées. Battu à Orthez le 27 février 1814, il freine l’avance ennemie avec brio. A Toulouse, en avril, il soutient le siège à 25 000 hommes contre 100 000 jusqu’à la nouvelle de l’abdication de l’Empereur.

Sous Louis XVIII, Soult devient ministre de la Guerre. Napoléon, de retour de l’île d’Elbe, lui pardonne ses proclamations anti-bonapartistes, (Soult l’avait qualifié d’«usurpateur» et d’«aventurier») pour le placer major général de son armée. Il combat néanmoins bravement à Waterloo, du 15 au 18 juin 1815. Ce sera toutefois sa plus mauvaise page militaire.

Après la défaite, il se fait discret et se retire dans son château de Saint Amans. Il y attendra la loi d'amnistie et sera pardonné par le roi en 1819 puis rétabli dans ses titres l’année suivante.
Pair de France sous Charles X, il joue son plus grand rôle politique sous Louis-Philippe. Il est d’abord ministre de la Guerre puis président du Conseil. En avril 1838, il est l’ambassadeur de la France pour le couronnement de la reine Victoria en Angleterre. C’est le prélude d’une carrière de ministre des Affaires Etrangères, interrompue en 1840 par le retour au pouvoir de son adversaire, Thiers qu'il appelait "Foutriquet". Le ministère de ce dernier ne devait durer que huit mois. Guizot succédant à Thiers, Soult est nommé président du Conseil. Poste qu'il occupe sans interruption de 1840 à 1847.

En 1847, le vieux maréchal se retire définitivement pour raison de santé, avec le glorieux titre de maréchal général et s'éteint le 19 novembre 1851, à 82 ans dans son village natal, aujourd'hui Saint Amans Soult, soit quelques jours avant le coup d'état de Louis Napoléon.

Mais avec un nom pareil et un tel destin, il ne pouvait disparaitre dans les oubliettes de l'Histoire. Il savait qu'un jour, dans une ville voisine de la sienne, viendrait un étrange régiment et cela l'intéressait.

Il se présente donc en précurseur, s'installe en portrait sur un mur de l'hôtel Beaudecourt et attends.

Il ne sera pas déçu le Maréchal car dés l'arrivée du 8e RPIMa en août 1963, il remarque que cette belle troupe au style étrange aurait été bien utile de son temps. Il eut presque des regrets qu'elle arriva si tard !

Alors pendant  46 années, jusqu'en 2009 il va vivre au rythme des "combats " de Beaudecourt et voir défiler des générations de convives militaires, de jour comme de nuit et des dizaines de généraux de toutes étoiles mais à son grand regret pas de maréchaux.

Ce qu'il affectionnait le plus, à la fin de certains repas de traditions est de voir monter sur la table tous les grades successifs chantant à tue tête et pas toujours juste: " Les………qui nous commandent ces cons là !"

On terminait naturellement et en le désignant doigts pointés par:

Le maréchal qui nous commande ce con là.

L'a sept étoiles sur la poitrine, il a pas l'droit….

Kidnappé à Beaudecourt en 2009 par le musée Goya il nous est enfin revenu. Il va retrouver sa place dans la salle à manger.

Regardez le alors le vieux maréchal, au bout de quelques minutes il va bruler d'impatience que vous lui chantiez "sa chanson".

Il ne l'a pas entendue depuis si longtemps.

                                                                                   ADC ® jacques ANTOINE

                                                                                   Chargé des Traditions

 

QUELQUES PHOTOS MODERNEMENT HISTORIQUE 

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arrivée du nouveau congélateur au mess Beaudecourt (année non située mais vu le congelateur !!!!)

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photo 1990 les chefs de corps posant devant le tableau 

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le bureau de l'amicale en 2009 avant le départ du tableau (prémonition ?)

 photo ( Jean Daniel Salles ) du tabeau  de  ( Jean de Dieu Soult )

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