MARS 2013

La Cibade

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 Rien que le nom c’est déjà une émotion ensuite c’est une cascade de souvenirs qui inonde la mémoire. Il y a deux endroits dont ceux qui ont fait partie du « 8 » se souviennent : la baraque du Chinois et la Cibade.

 Pour cette dernière, pas seulement les militaires mais aussi les familles et surtout les enfants car l’aventure tous les hivers commençait pour eux, au quartier Fayolle, un dimanche de bonne heure en montant dans le car militaire; direction la Cibade.

Tous connaissent le téléski de la Vignole, le Dôme de la Mine, le Front Frède, la Coulée ou la Traversée.

 Mais qu’est ce que la Cibade pour ceux qui entendent ce nom pour la première fois ?

La Cibade c’est un lieu où se trouve un ancien bâtiment de la SNCF qui abritait les cantonniers de voies. Il se situe dans le département des Pyrénées Orientales, entre Font Romeu et la principauté d’Andorre le long d’une voie ferrée. Non loin de là, le village de Porté- Puymorens, point de départ des grands espaces car c’est une station de ski. L’intérêt de la Cibade c’est justement cette proximité.

 Pour comprendre pourquoi le 8e RPIMa dispose de cette curieuse infrastructure, il faut revenir en 1975.

 Déjà 5 ans que le régiment est professionnalisé, il est commandé à cette époque par le colonel Schmitt et ce dernier par souci de trouver un lieu d’oxygénation pour les engagés, un lieu de détente aussi, souhaite louer quelque chose non loin d’une station de ski.

 Il met sur la piste des pistes l’ADC Gérard Mollet récemment affecté au B.O.I. en provenance du CEC de Quelern. Gérard Mollet n’est pas spécialement un « chasseur Pyrénéens » (à défaut d’être Alpin) mais il sait bien skier et pour le chef de corps cela suffit.

 Alors pendant des semaines, armé d’une Méhari (la voiture jetable après la manœuvre) il écume les P.O.

(le département 66, vous aviez compris) et lorsqu’il trouve un endroit il le fait savoir et le montre pour avis, soit au commandant en second, le lieutenant-colonel Salaün, soit au commandant Du Chaxel (le père de Philippe) officier au B.O.I.

 Naturellement ce n’est pas facile car déjà en 1975 une location pour un effectif d’une section ce n’est pas donné.

 Puis la chance se manifeste un jour, le « trou du 8 », pour faire simple. Un renseignement amène notre adjudant-chef - agent immobilier devant une grande bâtisse abandonnée à deux pas d’une voie ferrée.

Renseignement pris, la maison appartient à la SNCF qui ne l’utilise plus mais est disposée à la louer.

 L’affaire est conclue et le régiment dispose assez rapidement d’une base à proximité des pistes de ski. La municipalité est contactée et des accords sont pris, notamment avec monsieur Bourgeois qui est responsable de la station. Les forfaits sont adaptés au tarif militaire et en contrepartie, les parachutistes pourront apporter leur aide à la  demande du maire en cas d’évènement grave. Ce qui se produira.

Au pied des pistes le patron du restaurant  « La Tramontane » monsieur Vives offre à son tour des possibilités intéressantes aux gars du « 8 ». Il leur aménage une grande salle à l’étage pour prendre leurs repas et réponds sans hésitation aux diverses sollicitations. Il est aussi le responsable DDE local et n’hésite pas à prêter des engins de terrassement pour effectuer divers travaux que les pelles US seules auraient eu du mal à réaliser.

Un excellent climat de confiance s’est donc installé à la satisfaction de tous. Précisons aussi que  la Tramontane va voir son chiffre d’affaire prendre de l’essor avec les skieurs parachutistes qui apprécient beaucoup le muscat servi entre deux remontées (ou descentes, mot mieux adapté au muscat)

 Le paquetage parachutiste ne comprenant aucun effet des troupes alpines c’est le régiment et le CSA qui vont acheter tout le matériel, du bonnet aux planches. Au début de 1976 le premier stage MDR commence.

 La Cibade va alors être utilisée tous les ans de début janvier à fin avril. Une équipe dirigée par un sous-officier chef de centre est prévue  pour l’occuper en permanence afin d’accueillir les sections en semaine, les familles lors du week-end et les stages enfants pendant les vacances de février.

1980 l’adjudant Plaza ( au centre)  chef de centre et avec lui, parmi les moniteurs, le sergent-chef Jean-Daniel Salles (notre webmaster)

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En été, de rares  sections ont bien occupé la Cibade pour faire de la montagne mais cette discipline n’a pas vraiment enthousiasmé la multitude.

 A partir de 1981, on parle au régiment d’acheter la Cibade. Le chef de corps est séduit mais avec quel argent ?

En fouillant un peu il apparait qu’un transfert est possible puisque le propriétaire est l’État. La Cibade passe donc du ministère des Transport au ministère de la Défense sur simple accord.

 Toutefois les anciens de 1979 se souviennent avoir « donné » de l’argent pour la Cibade. En vérité c’était plutôt sous la forme d’une « désignation de volontaires » et chacun n’a pas eu le choix d’accepter ou pas.

Tout le monde a donné ce qui a fait faussement croire aux  « cotisants d’office » qu’ils sont actionnaires du site. En fait l’argent récolté n’a pas servi à l’achat mais à l’amélioration. Ce qui est différent.

 Aujourd’hui la Cibade est toujours en service. Plus de 300 sections de parachutistes y sont passées, des centaines de familles et peut être un bon millier d’enfants. Les premiers gosses à y êtres allés approchent à présent  la quarantaine mais gardent un souvenir marquant de ces classes de neiges militaires à nulles autres pareilles.

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 Il circule de bonnes histoires sur ces stages, j’en retiens deux. Ce garçon de 9 ans qui chute sur la piste et reste inanimé malgré les efforts des moniteurs. L’alerte est donnée, c’est grave. Un hélicoptère se pose et évacue l’enfant, tout le monde se ronge les sangs. Au diagnostic des médecins : rien. Au débriefing le gosse dit simplement : « Je savais qu’on pouvait être emmené en hélicoptère si c’était grave alors j’ai voulu faire un tour d’hélicoptère ! »

Une autre année après plusieurs descentes et un plafond nuageux qui chute, tous les enfants sont rassemblés au restaurant La Tramontane. Le chef de centre commande pour tous une boisson chaude. Le temps passe, les jeunes boivent mais certains s’agitent, d’autres se mettent à somnoler, ceux qui parviennent à parler s’expriment bizarrement. Un moniteur perspicace s’empare d’un bol et goute.

Incrédule, il se tourne vers le patron derrière le bar : « Eh ! Qu’est ce que tu leur as mis dans le viandox ? »

« Oh rien qu’une petite goutte d’eau de vie, ils avaient froid ! »

 Il y aurait bien d’autres choses à raconter car la Cibade n’est pas seulement un bâtiment près d’une station de sports d’hiver mais c’est pour beaucoup une mine de souvenirs qui les font encore rêver.

                                                                                    ADC ® Jacques ANTOINE

                                                                                        Chargé des Traditions

 

 photos de Gérard Demassiet  (1980 adj Plazza et ses moniteurs appelés)

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Commentaires (6)

1. Dufournet 06/11/2014

Bonjour oui je ment souvient Anne 77 78 ajt chef mollet quelle bon temps com moniteur et quelle souvenir formidable

2. JEANDEMANGE 12/03/2013

Je me souviens surtout des cordes raides budgétaires qu'il a fallu parcourir par les différents chefs des SA dont je fus pour que cette "barrière SNCF" devienne un gîte correct, un vrai travail d'équilibriste. Pour l'anecdote, j'ajouterai qu'au retour d'une inspection de cet endroit avec un officier supérieur du Régiment et mon chef de casernement, le CCH GIL, notre 204 est partie dans le décor. Le conducteur s'était "un peu" assoupi. Pas de blessé, quelques soucis sur la Peugeot mais le chauffeur s'est arrangé avec le chef des ST pour que ça se règle sans problème, entre hauts gradés...

3. OUDIN 09/03/2013

Oui, que de très bons moments:
- parfois rustique (12 sur 3 niveau dans une pièce de 8 m2)
- parfois joyeux: entrainement chant bien arrosé jusqu'à des points d'heures
mais oh combien facteur de cohésion

4. amicale8rpima (site web) 08/03/2013

c'est corrigé

5. MOLLET (site web) 08/03/2013

Désolé , l'adjudant PLAZZA n'à pris chef de centre qu'à compter de 1980 .Jusqu'à cette date c'est l'adjudant chef MOLLET qui etait chef de centre.

6. ricault 03/03/2013

etant ancien de la 3 ieme compagnie 97/02 du grand 8 je me souviens de cette endroit un tres jolie petit coin ou j'y ai passer 1 tres bonne semaine en 2000

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