JUIN 2014

Le premier mort du 6 juin 1944 est Français.

Bouetard emile sas ffl

Nous sommes en pleine commémoration du soixante-dixième anniversaire du Jour-J, ou D-Day.

 Car c'est le 6 juin 1944 que les Alliés ont débarqué  en force sur les côtes de Normandie pour libérer les pays occupés par l'Allemagne nazie, c'était l'opération Overlord.

L’histoire a retenu les exploits des parachutistes Américains et Anglais dont les premiers sticks sont sortis des avions le 6 juin, après 0H00 et ce, à juste titre. En revanche, elle a occulté ceux des paras de la France Libre qui le 5 juin se sont posés sur la terre bretonne, dans le Morbihan et les Côtes d'Armor.

 Qui sait  aujourd’hui que le premier soldat allié tombé sur le sol en juin 1944 est Français 

Début juin, le 4ème SAS du commandant Bourgoin apprend enfin le but de la mission qui lui est confié dans le cadre d’Overlord. Les parachutistes français doivent être larguer en Bretagne afin d’empêcher coûte que coûte que les 150.000 Allemands qui y sont stationnés rejoignent la Normandie. Les parachutistes doivent couper les voies de communication, harceler l’ennemi et retarder l’acheminement de renforts vers la tête de pont. Dans ce but, des équipes de reconnaissance doivent établir des bases sûres, préparer un terrain de parachutage susceptible de recueillir des éléments de renfort à partir de J+3, étudier les forces de l’ennemi dans le secteur et prendre contact avec la résistance. Dans la nuit du 7 au 8 juin, dix-huit équipes de sabotage, doivent être disséminées sur le Morbihan, les Côtes-du-Nord et l’Ille-et-Vilaine afin d’effectuer des missions de harcèlement et d’interdiction.

 

 

 

Le JOUR J 

Le 5 juin 1944 à 22h00, deux avions Stirling décollent de l’aérodrome de Fairford (Angleterre) avec à leur bord les trente-cinq parachutistes français des quatre sticks précurseurs. Vers 00h45, les équipes Marienne et Déplante sont larguées entre Plumelec et Guéhenno. Le stick Marienne tombe à deux kilomètres de l’endroit prévu et à proximité d’un observatoire allemand, le moulin de Plumelec, qui donne aussitôt l’alerte. 
Alors que le lieutenant Pierre Marienne parvient à décrocher avec trois hommes et le capitaine Hunter-Hue (Services spéciaux anglais), le cch Bouétard et les trois radios doivent engager le combat. Rapidement Emile Bouétard est grièvement blessé. Après une demi-heure, les trois radios à court de munitions sont faits prisonniers. Un cosaque s’approche et achève  Bouétard d’une balle dans la tête. Il est 1h30 le 6 juin 1944. Le sgt Jourdan, Etrich et Sauvé seront interrogés par la Gestapo puis conduits a Chartres avant d’être dirigés en train vers l’Allemagne. Au cours du transfert, les deux premiers parviendront à s’évader alors que Maurice Sauvé, malade, sera contraint de rester dans le convoi. Pour sa part, le stick du lieutenant Henri Déplante tombe à une dizaine de kilomètres de la DZ et se regroupe rapidement. Le lendemain, après un contact avec des maquisards de la compagnie de Plumelec, les deux sticks précurseurs sont réunis et dirigés vers le maquis de Saint-Marcel. Aussitôt, les deux officiers SAS décident d’y installer la base Dingson qui doit recevoir les éléments du bataillon.

Dans les Côtes-du-Nord, les lieutenants Botella et Deschamps regroupent leurs hommes près de Locarn puis prennent la direction de la forêt de Duault. A l’aube, ils installent une base  et prennent contact avec deux hommes du maquis Tito. La situation se présente bien et dans la nuit du 9 au 10 juin, le capitaine Leblond et une quarantaine d’hommes sont parachutés en renfort.

Le 12 juin au matin, la base de Duault est attaquée. Après une journée de combats, les parachutistes et les maquisards parviennent à décrocher vers le sud. Trois blessés graves, le lieutenant André Botella, le s/lt Jean Lasserre et le cpl Jacques Faucheux, sont dans l’incapacité d’effectuer le déplacement et doivent être abandonnés. 
Pendant ce temps, la base Dingson rassemble un nombre très important de maquisards bretons qui viennent récupérer des armes parachutées tous les soirs. Cette activité ne passe pas inaperçue. Le 18 juin, le maquis de Saint-Marcel est attaqué à son tour et doit se disperser. Au cours des mois de juin et juillet, les parachutistes parviennent malgré tout à assurer l’armement et l’instruction de plusieurs milliers de maquisards. Traqués et pourchassés par un ennemi impitoyable, ils passent plusieurs semaines à l’arrière des lignes allemandes dans des conditions très éprouvantes. Enfin, début août, le signal de l’insurrection est envoyé. Aussitôt, parachutistes SAS et maquisards passent à l’action et assurent la progression rapide des troupes alliées en Bretagne.

Parallèlement, des sticks du 3ème SAS sont parachutés dans le Finistère, en Poitou-Charentes, dans le Centre, le Limousin, le Rhône, la Bourgogne et le Jura où ils harcèlent les convois ennemis. Malgré des pertes importantes et de lourds sacrifices, les missions sont remplies et les S.A.S. français sont pour beaucoup dans la réussite des opérations de libération de la France. D’autres missions les attendent dans les Ardennes et la Hollande. Les Parachutistes SAS de la France Libre, l’unité française la plus décorée de la seconde guerre mondiale, terminent la guerre aux portes de l’Allemagne.

 

D'après le blog "Les paras de la France Libre" de David Portier et Stéphane Delogu

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