JUILLET 2014

 

L'humour en casque bleu.

1982 sandmayer 2 

" L'ADC SANDMAYER invective un chef Palestinien. Au Moyen-Orient, le verbe à parfois plus de force que la Kalaschnikov"

 

La guerre est faite de tout et même d'humour parfois quand les balles ne sifflent pas.

Ce récit remonte à 1982, le régiment est au sud Liban. Un officier de la CA est rapatrié sanitaire, un autre vient le remplacer. L 'itinéraire le plus direct se fait par voie aérienne de France en Israël, récupération en véhicule de l'ONU à l'aéroport et acheminement par la route jusqu'au secteur français après avoir passé la frontière israélo-libanaise mais aussi l'inévitable check-point d'une milice palestinienne.

C'est justement là que se situe le récit.

Les acteurs principaux en sont le capitaine  René Lescalier en provenance directe de Castres.

L'adjudant Perquin de la SML chargé de récupérer le capitaine pour le ramener à la CEA, ce dernier est parfaitement complice de ce qui va suivre.

L'adjudant- Chef Gilles Sandmayer, cadre extérieurdétaché au 8e RPIMa, Pied-noir d'origine et parlant parfaitement l'arabe.

Clin d'œil fait en passant, le capitaine Lescalier est aussi Pied-noir mais ne comprends pas l'arabe.

 

Arrivée mouvementée dans le secteur du RegFrance

(Récit tiré du livre "50 ans au 8")

Contact est pris avec l’adjudant-chef Sandmayer, arabisant et adjoint au chef du 2e bureau du régiment, pour monter un accueil digne de la CEA.

L’adjudant Perquin est désigné pour accueillir le capitaine Lescalier à Tel-Aviv. Il commence par noircir le tableau de la situation au Sud-Liban, notamment celle avec les miliciens de l’ALS du commandant Haddad. A l’approche de la frontière israélo-libanaise, l’adjudant Perquin prend contact radio avec son autorité qui l’informe que le check-point de Ait Taïbé, tenu par la 4e compagnie, connaît quelques soucis relationnels depuis la nuit précédente suite à une saisie d’armes et de munitions par les « Coyotes ».

Effectivement, au check-point tenu par la milice et situé à 200 mètres de celui tenu par les éléments de la « 4 », ils sont contrôlés par un excité, parlant un français approximatif (adjudant-chef Sandmayer), qui s’étonne qu’un soi-disant officier de la FINUL soit en civil et ne possède qu’un passeport français tamponné par les Israéliens. Le ton monte et une incompréhension totale s’installe.

Le milicien : « Borquoi ti raconté ki toi cabidaine françi ? »

Néné : « Mais je suis capitaine au 8e RPIMa et je viens remplacer un camarade blessé. »

Le milicien : « Bô d’accord mais oui lé ton carte d’identiti ? »

Néné : « Mais putain je vous dis que je dois rejoindre ma compagnie et qu’après… »

Le milicien : « Dido c’est moa qui ti di pitain ? »

Néné : « Non non c’est pas vous et se retournant vers Perquin « essaye de prendre contact avec la compagnie pour qu’on vienne nous enlever de ce merdier. »

Le milicien : « Quicequici li mirdié ? »

Néné : « Je crois qu’on en sortira pas. « S’adressant à Perquin » : prends contact avec la compagnie et dis leur que nous sommes coincés. »

Le milicien : « Dido toa ti touche pas la radio mais ti peu bartir chez tes copains et ti laisse le civil »

Néné : « Non non ne fais pas le con, ne me laisse pas seul ici. »

Le milicien, fou de rage : « Dido toa le civil ci dija blisieurs foa ki ti dire à moa des injures. » Allez ! fienne afik moa dans li biro. Toa l’adjidant ti restes en bas et ti bouges pas.

S’adressant alors en arabe aux vrais miliciens, il leur explique que maintenant les cadres et camarades du capitaine en civil vont venir pour l’accueillir et arroser son arrivée au Liban.

Sortis du blockhaus de la « 4 » où ils ont tout vu et tout entendu grâce aux vociférations des deux parties, le comité d’accueil composé des capitaines Ferniot et Amory (Chef des Coyotes), des adjudants Deau et Schlutig sans oublier Perquin offre un champagne bien mérité au capitaine Lescalier subitement soulagé de s'en être sorti.

Profitant de l’occasion, le faux milicien s’est remis en tenue française dans les locaux de la milice. Il a fallu plusieurs minutes et beaucoup de persuasion pour que le capitaine Lescalier accepte de croire que Sandmayer était vraiment Français. 

 

Aujourd'hui le CBA (er) Gilles Sandmayer habite à Castres et fait partie depuis, de l'Amicale du 8.

                                                  

                                                          Major(r) jacques ANTOINE

                                                              Chargé des Traditions

 

1982 lescalier cne

Le CNE René LESCALIER, "Néné" (qui n'est pas un indicatif codé)

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 " 32 ans après " 

Img 0991c'est cela l'Amicale du Grand 8

 

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