FEVRIER 2015

 

Quand les paras font la gueule.

1968 aout slt amiel Le sous-lieutenant Pierre AMIEL, chef de section à la 2e compagnie en 1968, il participera à la première tournante du "8" à Bangui.

Il mènera  une remarquable carrière de réserviste et sera chef de corps du 54e RIMa (90-92)

 

Au printemps 1962, l’intendance a une idée de génie : elle fait adopter par l’armée de terre une nouvelle coiffure pour la tenue d’été.

Il s’agit d’un béret en toile kaki claire qui doit venir compléter une tenue, récente elle aussi. Ce béret ne se porte qu'en tenue d'été.

On ne connaît pas l’accueil réel qui est fait à ce couvre-chef dans le reste de l’armée mais, chez les paras, c'est un désastre, en particulier à la base de la hiérarchie.

 Cela ne chagrine pas grand monde dans les états-majors ou dans la classe politique car les paras ont mauvaise réputation. Nous sommes au sortir de la guerre d'Algérie et parachutiste rime avec putschiste.

Le béret clair, en quelque sorte tombe bien, peut être va t-il aider à démystifier l'image du "para".

Le béret "Gurka" comme il est très vite appelé, provoque des remous sérieux dans les régiments aéroportés et tout naturellement au 8e RPIMa.

 Les premiers permissionnaires ainsi coiffés refusent tout d’abord de sortir du quartier puis, sous la pression bienveillante des cadres, acceptent mais avec le béret rouge en poche.

Quelques mères de paras écrivent au chef de corps pour lui dire que leurs fils «dépriment» sans leurs bérets amarante et un soir, place Stanislas, un groupe "d'incontrôlés" (disons encadrés discrètement) fait un feu de joie symbolique avec une dizaine de ces bérets kakis. Le «hasard» veut que des journalistes des deux grands quotidiens locaux (Est Républicain et Républicain Lorrain) soient présents à cette «cérémonie».

Le lendemain, à la parution des journaux, inutile de dire qu’il y a de l’ambiance au téléphone entre la division et le PC du «8».

 Un autre jour, une quarantaine de paras de la 4e compagnie, avec des cadres, se rendent au monument aux morts de Nancy en traînant leur béret crème au bout d’une ficelle avant de le jeter aussi dans un brasier. En haut lieu cet autodafé n’est pas plus apprécié : la décision est prise de virer de l’armée tous les « profanateurs ».

C’est là qu’on admire la décision du colonel Kohler. Il parle de l’incident au régiment et on voit alors une poignée d’appelés libérables « non coupables » venir prendre la place des cadres d’active, dont la carrière aurait été brisée.»

 En attendant, à Nancy le soir, entre mai et septembre, dans les rues, la police militaire fait le ramassage de tous les paras coiffés de bérets «non assortis». Il en est de même dans les grandes gares parisiennes où la PM a un bureau et chasse les tenues non réglementaires. Cela se passe toujours mal avec les paras, il y a des bagarres et les punitions pleuvent.

Il n'y a pas eu de périodes de calme, le béret rouge a été défendu sans relâche et aucun permissionnaire ne s'est présenté chez lui en coiffure "Gurka"   

 Cette plaisanterie vestimentaire va durer jusqu'à la fin des années soixante. Aujourd'hui, une telle décision rencontrerais la même opposition.

Le béret rouge n'est pas un béret comme les autres, il a toujours eu valeur de décoration.

 

                                                                                          Major (r) Jacques ANTOINE

 

14 juillet 64 castres

Défilé du 14 juillet 1964 à Castres

Commentaires (2)

1. DELAVOIS 18/02/2015

Moi je suis du 1er R.C.P.Ctg 67 1/C, major vous transcrivé exactement l'état d'esprit de tous les paras de la 11e D.I. Pour partir en permission mon béret rouge était toujours dans mon sac et aussitôt arrivé dans mon département j'inversé les couleurs, je crois bien que mes parents ne m'ont jamais vu avec le béret sable, et en plus ont relevés les manches de la chemise, ça donné meilleur allure.

2. AMIEL 09/02/2015

MERCI MAJOR pour cet hommage gratuit _ mes pensées vont au général DELPIT terrassé par un AVC dans le TG82 où nous habitons _ merci à notre belle amicale qui n'existe que par son bureau
para colonialement à tous.

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