Petites histoires de la vie militaire 8

Petites histoires de la vie militaire

 

L’histoire d’un régiment s’inscrit d’abord par ses faits d’armes, ses missions bien remplies et perdure dans le souvenir et la mémoire de ceux qui sont tombés pour sa gloire. Le 8 sait faire tout cela avec en plus une affection toute particulière pour ses anciens.

Toutefois si  l’on se réfère toujours à la « grande » histoire » c’est parce qu’il est parfois délicat de parler de la petite. Pourtant c’est de cette « petite histoire » que les anciens s’entretiennent souvent.

 

1962

La guerre d’Algérie est terminée, l’armée est entrée mais le ciel militaire, surtout chez les paras, est sombre. La participation de certains régiments TAP au putsch des généraux en 1961  à laissé un très mauvais souvenir en haut lieu.

Le béret de la honte.

« En rentrant d’Algérie en janvier 1962, je suis affecté à la 4e compagnie du 8  comme sergent-chef, je prends le commandement du commando Alpha. En avril, il se passe un événement qui tourne mal, notamment dans cette compagnie. Pour brimer les TAP, le haut commandement vient d’interdire le port du béret amarante en tenue d’été et lui substitue un béret de toile kaki clair. Une quarantaine de paras de la 4e compagnie, se rendent au monument aux morts de Nancy en traînant leur béret crème au bout d’une ficelle avant de le jeter dans un brasier. En haut lieu cet autodafé n’est pas apprécié : la décision est prise de virer de l’armée tous les « profanateurs ». C’est là qu’on admire la décision du colonel Kohler. Il parle de l’incident au régiment et on voit alors une poignée d’appelés libérables « non coupables » venir prendre la place des cadres d’active, dont la carrière aurait été brisée. »

H.G Simon

 

Haute voltige entre le «8» et deux généraux

«Le 9 février 1966, le général Ducourneau, inspecteur de l’infanterie, débarque au «8». Avec lui, les généraux Lalande, commandant la Division et Bigeard, commandant la Brigade.

Avec le général Ducourneau, pas question de pas lent en déplacement, mais Bigeard, lui, veut le pas lent et les chants paras. Angoisse générale, comment concilier les deux volontés. Les sergents du régiment sont alors répartis dans tout le quartier avec une mission de "chouf". Quand un élément se déplace, groupe, section ou compagnie, le "chouf" prévient qui, de Bigeard ou de Ducourneau, est sur l’itinéraire et on modifie aussitôt le pas, soit en accélérant, soit en ralentissant. Ce fut une journée sportive et les deux chefs repartirent contents.»

J.M. Durand

 

Le colonel en pyjama

1969. Une nuit, le colonel est appelé en urgence par la permanence afin de calmer une trentaine de paras décidés à en découdre sérieusement avec une bande de jeunes qui ont sauvagement agressé un des leurs à la sortie d’un bistrot. Le colonel Mourier se rend aussitôt sur les lieux et, après quelques minutes de discussion, ramène tout le monde à la caserne.

L’affaire s'est donc bien terminée et personne n’a remarqué la tenue du colonel car ce dernier, pressé, n’a enfilé que son imperméable militaire portant ses galons sur son…pyjama.

Elastique de rappel

1968 Le général Chenel est un homme vigoureux et chaleureux. Il a pour habitude, lorsqu’il engage la conversation avec un sous-officier, de saisir le premier bouton de la veste et de le tirer vers lui par saccades comme pour mieux communiquer par osmose. Fréquemment, un bouton mal cousu lui reste, dans les doigts ou alors, ce qui est pire encore, lorsque le bouton est trop bien fixé, la veste craque. Prévenus, les sous-officiers du « 8 » attachent leur premier bouton à un élastique. Le général s’approche et alpague le premier sergent qu’il rencontre. Surprise du général qui se fend d’un énorme éclat de rire.

 

 

 

Un sous-officier un peu spécial

"Le sergent-chef Quris est un personnage un peu hors du commun, souvent sans retenue pour faire des blagues. Après un repas où on "dégage" en ville, il porte un casque allemand, un fusil Mauser en bandoulière avec une ficelle et se met à régler la circulation devant la rue Villegoudou ; personne ne "moufte".

Une autre fois, en rentrant au célibatorium au milieu de la nuit, il trouve sa chambre reconstituée sur la pelouse, lui qui ne ferme jamais sa porte de peur de perdre la clé et d'être obligé de la défoncer. Pas démonté, il se couche dans son lit en plein air. Au matin, beaucoup de cadres mariés, entrant par la petite porte du mess, sont surpris du spectacle.

Plus tard, il décide de faire un stage, il monte voir le BOI et prend le premier stage de la liste : pilote ALAT. Fou rire général. Il part tout de même au stage et le réussit (avec un casque prussien sur la tête) qu'il offre d'ailleurs au patron de l'ALAT en partant. On n'a jamais revu Quris, disparu bien trop jeune. "

 

J. Parisot

Accueil des premiers engagés en 1970

A la gare de Castres, Patrick Lafourcade descend de son train. Il ne sait pas où se trouve le quartier. Deux gendarmes, qui ont voyagé dans un autre wagon et qui escortent un militaire, s’apprêtent à quitter les lieux. Lafourcade leur demande comment aller au 8e RPIMa. Qu’à cela ne tienne, ils y vont aussi pour incarcérer l’individu menotté. A l’arrivée, ils se dirigent vers le poste de police et envoient Lafourcade à la salle de service. L’adjudant-chef du service général fait trop vite l’amalgame et notre jeune engagé est pris pour le voleur de la caisse du foyer. Son premier contact sera donc une engueulade monstre.

Un peu plus tard, il rencontre Jean-Louis Lebougre. Tous deux se présentent à l’adjudant d’unité de la compagnie d’affectation, la «2». A la question d’où venez-vous, que faisiez-vous dans le civil, Lebougre répond qu’il vient de l’école militaire de Saint-Cyr (il y a fait son service militaire et vient directement de là pour s’engager) et Lafourcade d’expliquer que dans le civil il est «bachelier» (il travaillait dans une entreprise de fabrication de bâche de camions). Vite catalogués comme bachelier et Saint-cyrien, nos deux compères sont immédiatement envoyés gratter le couloir du troisième étage.

 

ADC ® Jacques ANTOINE

Chargé des Traditions

Commentaires (2)

1. LBOUGRE 15/04/2012

Merci pour les bons souvenirs avec mon grand copain LAFOURCADE et bien le C/C REBONDY que j,avais comme instructeur.Amities a vous tous .PTIT LOUIS.

2. Pierre REBONDY 20/02/2012

Que de souvenirs... très très bien connu les trois... et Quris qui tire à la carabine sur les cloches de l'église ... résultat plus de courant dans un quartier de la ville de Castres. Il avait tiré d'une fenêtre du mess..... et la bougie sur le moteur de la DS, capot relevé... et le Cne Michel et sa hure de sanglier, ,et la mini cooper d'un S/OFF (j'ai plus le nom en mémoire) sur le même gazon devanbt l'hôtel S/OFF etc etc etc et le défilé de ....je vais pas plus loin .

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